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Colloque: Vie – Numérique - Santé

Colloque: Vie – Numérique - Santé

Cover slide from the talk “Colloque: Vie – Numérique - Santé”

En biologie comme en médecine, le numérique joue depuis longtemps et de façon croissante le rôle d’outil technique, de la preuve statistique aux bases de données massives et à la publication. Mais elle joue aussi le rôle de modèle mathématique, voire de cadre conceptuel pour une approche théorique et pour une justification de l’action

Longo, Giuseppe, and Maël Montévil. 2020. Colloque: Vie – Numérique - Santé
Program of the event.

Argumentaire

En biologie comme en médecine, le numérique joue depuis longtemps et de façon croissante le rôle d’outil technique, de la preuve statistique aux bases de données massives et à la publication. Mais elle joue aussi le rôle de modèle mathématique, voire de cadre conceptuel pour une approche théorique et pour une justification de l’action. Du mythe du programme génétique, de l’ADN comme codage complet de l’information biologique, on est passé aux grandes promesses de la médecine de précision, basée sur des corrélations détectées dans des grandes bases de données, à l’individuation des soins (‘‘médecine personnalisée’’) basée sur les données génétiques.

Des parcours scientifiques alternatifs ont eu des difficultés à se frayer un chemin dans le passé et se trouvent encore aujourd’hui marginalisés. L’épigénétique, même restreinte à l’analyse moléculaire du protéome cellulaire, ne retrouve que depuis peu une place en biologie de l’organisme. Une vision unitaire de ce dernier n’est pas encore théorisée de façon satisfaisante et elle est rarement au cœur des projets de recherche, surtout des plus importants, concentrant les moyens autour de projets essentiellement technologiques. On voit alors des difficultés à penser théoriquement le regard global du clinicien sur le malade, du biologiste sur l’organisme et sur son écosystème. Quel rôle le numérique a-t-il eu et continue-t-il à avoir dans l’essor des nouvelles technologies en biologie et en médecine, quel apport constructif et quels biais a-t-il produit suite à ces applications ?

On essayera d’analyser le parcours historique qui a conduit à une nouvelle alliance entre une vision, propre au numérique, de la ‘‘détermination’’ scientifique, qui structure la causalité, et une hégémonie culturelle des outils numériques, qui organisent le social. Un dialogue entre scientifiques et humanistes est au cœur de notre projet. Nous pensons en effet que l’épistémologie des mathématiques et de la physique ont joué un rôle important dans la construction des savoirs du vivant au cours du XXe siècle et que leur impact sur l’humain a été subordonné à des formes de ‘‘gouvernance’’de l’homme et de la nature qui ont façonné la recherche dans toutes les sciences. Il s’agira de comprendre l’articulation de cet impact dans ces dernières années, quand les Big Data et, par conséquent, la « personalized medicine », ont accru le rôle de la collecte des données à partir des tous le « -omics » (genomics, proteomics, metabolomics ...), molécule par molécule. Le but de ces recherches est alors de replacer l’organisme, l’humain et le social, vus dans leur rapport à l’écosystème, au centre des préoccupations dans les sciences du vivant.

Nous pensons que, par le biais d’une réflexion générale, ce séminaire pourra aussi toucher certains des questions d’actualité comme les transformations des systèmes de santé que la pandémie de Covid 19 a contribué à mettre en lumière. Pourraient notamment être abordées :

  • les impasses de la gouvernance de la santé par les nombres (notamment celles du New Public Management du secteur hospitalier) ;
  • la montée en puissance des outils informatiques dans la prévention et le traitement des maladies ;
  • le conflit entre les logiques entre l’accès universel au soins et l’assimilation des biens médicaux à des services marchands ;
  • le lien entre la globalisation économique et la montée en puissance de nouveaux risques sanitaires ;
  • la diversité des systèmes d’assurance maladie ;
  • la solidarité internationale dans le domaine sanitaire.

Programme

9h30

  • Introduction au colloque et aux buts du séminaire récurrent. Maël Montévil (IRI et IHPST, Paris)
  • Tournant gestionnaire et incidences sur l’éthique de la santé. Nicolas Chaignot (IEA, Nantes)
  • Discussion

11h00

  • Globalisation and pandemics: potential solutions derived from the one-health concept. Barbara Dememeix (Physiologie Comparative, MHN, Paris
  • La représentation dans l’articulation entre médecine, biologie et numérique. Nicolas André (Onteis, Paris)
  • Discussion

12h30

  • Pause déjeuner

14h00

  • Mot du directeur. Suleiman Mourad (IEA Nantes)
  • Apports et dangers de l’intelligence artificielle. Michel Volle (Polytechnique – ENSAE)
  • Le numérique, la génération de nouvelles données et la formulation de nouvelles questions en biologie et en médecine. Alessandra Carbone (Biologie Computationnelle et Quantitative, Sorbonne Université)
  • Quels sont les rôles des représentations et du virtuel par rapport au vivant ? Patrick Johnson et Sébastien Massart (3DS)
  • Discussion

16h00

  • L’organisme et son environnement à l’ère de l’exposomique. Xavier Guchet (Université de Technologie de Compiègne)
  • Computational horror-scopes in the biomedical sciences. Ana Soto (School of Medicine, Tufts U., Centre Cavaillès, Ens, Paris)
  • Discussion

17h30

  • Conclusion provisoire et ouverture de la discussion, Giuseppe Longo (CNRS - Ens, Paris)
  • Discussion générale